Anthropic annonce hier que Claude va intégrer des marqueurs permettant d’identifier, par machine, du contenu généré ou traité par Claude.
Cette démarche s’inscrit dans les engagements pris par Anthropic dans le cadre de l’article 50(2) de l’AI Act européen, consacré à la transparence des contenus générés par IA. Les obligations de transparence de l’article 50 de l’AI Act sont d’ailleurs applicables depuis le 2 août 2026.
Il y aura essentiellement deux mécanismes :
➡️ Pour le texte : un watermark invisible Claude incorporera directement dans le texte un marquage imperceptible qui ne modifie ni le sens, ni la lisibilité du texte. Il accompagnera le texte lorsqu’on le copie-colle et pourra survivre à certaines modifications ou éditions.
➡️ Pour les fichiers : des métadonnées de provenance signées Pour certains formats générés par Claude, notamment image comme .svg, .png et .jpg, Anthropic ajoutera des métadonnées de provenance en s’appuyant sur le standard ouvert C2PA (standard ouvert qui permet d’attacher à un contenu des informations vérifiables sur sa provenance et son historique de création ou de modification). Ces métadonnées permettent notamment de vérifier qu’un fichier a été traité par Claude et de détecter certaines altérations.
Tout ceci me rappelle le watermarking utilisé dans le monde du streaming, même si l’objectif est ici différent : il ne s’agit pas d’identifier un utilisateur final, mais de pouvoir détecter qu’un contenu a potentiellement été traité par Claude.
💡 En résumé, Claude introduit une couche de traçabilité machine-readable de ses productions. Et c’est probablement là le point le plus intéressant : cette traçabilité porte sur le fait que Claude a traité le contenu, pas nécessairement sur son origine intellectuelle. Un contenu peut donc être marqué parce que Claude l’a traduit, reformulé ou simplement édité, sans pour autant que Claude en soit à l’origine.
❓ Une question me vient alors, et je n’ai pas encore la réponse : quelles sont les implications de ce mécanisme au regard du RGPD et du respect de la vie privée ? Que contient exactement ce marqueur ? Peut-il permettre, directement ou indirectement, de faire le lien avec l’utilisateur, l’organisation ou le contexte dans lequel le contenu a été produit ? Ami(e)s juristes si vous voulez partager votre avis !
Le sujet de la traçabilité des contenus générés par IA ouvre donc aussi une nouvelle question : jusqu’où peut-on tracer un contenu sans tracer la personne qui l’a produit ou utilisé ?
Source: le blog post d'Anthropic https://support.claude.com/en/articles/16266773-how-claude-marks-ai-generated-content